Le Ministère de l'Education Nationale a diffusé en ligne sur son site la liste des villes qui ont mis en place un "service minimum" pour la grève du 24 janvier. Notre bonne
ville d'Aix-en-Provence y figure.
Or, rien n'a été organisé ! Contacté par téléphone, le Service Education de la Ville indique clairement avoir prévenu l'Inspection d'Académie il y a deux semaines que la ville ne mettrait
pas en place ce service minimum. Cette information a été relayée aux médias, et, paraît-il, aux écoles (rien vu venir chez nous... rien demandé non plus !).
Que penser donc de cette annonce ? Une "erreur", comme le suggère le Service Education ? Je vous laisse y réfléchir !
Pour les élèves de nos écoles, le "service minimum", ce serait sans aucun doute : que les enseignants "absents" soient remplacés (chez nous, 45,5 journées non remplacées depuis la rentrée de
septembre), et que la directrice ou le directeur de l'école dispose de plus de temps de décharge pour assurer les multiples tâches qui grignotent le temps de classe.
Les "absences" des enseignants, ce ne sont pas seulement des arrêts maladie, pas si nombreux : il y a aussi les synthèses avec le Rased, la tenue des élections des parents d'élèves, les réunions
piscine, les réunions de directeurs, les équipes éducatives, les équipes de suivi de scolarisation pour les élèves handicapés ou les élèves de CLIS, et j'en passe.
Les équipes travaillent très souvent à l'heure du repas et le soir, justement pour éviter de faire manquer la classe aux élèves, mais cela n'est pas suffisant, et nous devons fréquemment mettre
les élèves en répartition. Comment travailler avec une classe de 25 ou 26 élèves + 4 ou 5 ou 6 élèves répartis ? Où les asseoir ? Quel travail cohérent leur donner ? Et quand une ou deux classes
sortent de l'école (piscine, stade, sortie cinéma...) ou travaillent avec un intervenant dans le cadre d'un projet, c'est la panique ! On passe à 10 ou 12 élèves en répartition... Impossible à
tenir. À quand une équipe de ZIL suffisante ?
Les tâches des directeurs d'école sont chronophages : rien que pour Base élèves, plus de 35 heures de travail, effectuées pendant mes vacances (l'équivalent du temps de décharge
pendant 6 semaines...), sans compter les heures multiples pour recevoir les familles et les partenaires de l'école, rédiger les compte-rendus , les bilans et les "petites notes" pour l'IEN,
la rédaction et la mise en place du PPMS, lire, trier, faire passer les informations aux collègues, et s'assurer que chacun en a pris connaissance, etc.
Mais ça, c'est en dehors de la classe, bien sûr, le midi, le soir, le week-end, pendant les vacances. Le tout pour une petite prime ridicule.
Ce qui est exaspérant, ce sont les tâches qui empêchent la classe : les réunions (voir plus haut), pour lesquelles un grand nombre d'intervenants sont prévus et doivent coordonner leurs plannings
(médecin scolaire, psy, rased, CMP, CMPP, référent ASH...), qui ne tombent que rarement sur l'une des deux demi-journées de décharge, les signatures des PAI avec la Mairie, les
réponses "immédiatement tout de suite" à l'employé municipal pour la couleur des rideaux, le passage de la Commission de sécurité, du plombier, de l'électricien, du menuisier, du service des
Bâtiments,le coup de fil impérieux et urgent, l'accueil des IEN, Conseillers pédagogiques (nous avons de la chance dans notre circo : les Conseillers pédagogiques connaissent bien notre charge de
travail, et font des prouesses de diplomatie) ou IMF qui viennent voir les PE2 ou les T1, et bien entendu toutes les urgences imprévisibles (accidents, crises d'asthme, manifestations
allergiques, insultes au portail ou au grillage, chute du plafond, invasion de scolopendres, odeurs nauséabondes d'origine inconnue, bruits de pas dans le plafond...). À quand une
décharge digne de ce nom pour les directeurs ?
Oui, le "service minimum", ce serait le respect "minimum" dû aux élèves : leur assurer une scolarité cohérente !
Nat
G.D.I.D. 13